Abysses

Galerie Medusa, Bayeux, septembre 2016

Galerie Totem, Dinard, juillet 2015

Le temps a-t-il une réalité en soi, ou n’existe-t-il que parce l’homme en a conscience?
A travers cette force, cette permanence de l’instant présent, chacun a parfois l’intuition d’un état autre, en dehors de toute temporalité. Echapper au temps… but récurrent de l’action humaine. A défaut, avoir l’illusion d’y échapper plutôt que de le subir. Echapper au temps… ou accéder à l’intemporel par la pensée, le mysticisme voire l’ésotérisme, ou plus poétiquement par l’art. Echapper au temps, accéder à l’intemporel, ou devenir immortel! L’homme a déployé et déploie encore des trésors d’ingéniosité dans cette recherche, mais toutes ces clés utilisées n’ont, pour «l’instant», ouvert aucune porte.
L’homme reste donc prisonnier de «son» temps. Et tel Sisyphe faisant éternellement rouler son rocher jusqu’en haut de la colline il poursuit, sans cesse, cette quête du Graal…

Et si cette immortalité était là, à portée de main, au fond des abysses, un être souvent dédaigné, par l’homme et qui commence cependant à intéresser bon nombre de scientifiques :
La Turritopsis nutricula, fiche d’identité: cinq millimètres, 80 tentacules, petite méduse hydrozoaire sillonnant les océans depuis des milliers d’années.
Elle détiendrait ce secret tant convoité par l’homme: elle serait le seul être connu à pouvoir remonter le temps. En situation de stress, dès que son environnement se dégrade, notre petite méduse décide de revenir à un stade antérieur de son cycle de vie, ce qui lui permet ainsi de mieux supporter ces dégradations environnementales. Et ce… à l’infini!!

Oui, biologiquement immortelles, ces méduses peuvent faire rêver. Mais ne risque-t-on pas d’assister à une invasion bien silencieuse.

Alors, immortalité : rêve ou cauchemar? Le désir de durer se conjugue-t-il avec cette nécessaire humilité devant la vie qui passe?

Je vous invite à plonger, au fond des abysses et à côtoyer l’immortalité…l’espace d’un instant.