Les gardiennes de songes

Installation, Arts Capella août 2010

Bien avant que la Terre ne soit Terre, existait le temps du rêve où tout n’était qu’immatériel.

Selon les vieilles légendes aborigènes il existerait depuis…. la nuit des temps, bien avant que les particules désordonnées ne s’organisent. Dans la conception aborigène du monde, chaque événement laisse une trace sur terre. La signification de certains lieux et formations naturelles est liée à leur origine dans le temps du rêve. C’était par le rêve que les esprits des ancêtres transmettaient aux chamans les informations qui leur permettaient de donner un sens aux présages.

Transmissions inconscientes donc. Mais aussi, mémoire inconsciente….. Notre cerveau stocke des événements, des mots… qui nous ont troublé ou, à l’inverse parfois, auxquels, sur le moment, nous n’avons porté aucune attention et…..

Il rentre sans frapper

Au milieu de la nuit

Rêve mal élevé

Le réveil est toujours déstabilisant. De nos rêves « agréables », plane malgré tout une sensation de malaise. Quant aux cauchemars…. J’ai donc imaginé 2 gardiennes de songes, l’une pour les bons, la blanche, qui traîne malgré tout tous ces petits nœuds, puis la noire. Les deux gardiennes ont les yeux fermés, pas de bouche. Elles sont là, en soutien, sans jugement. Puis, de mes nuits d’insomnie est né cet « écran noir de mes nuits blanches » où l’araignée est omniprésente. L’araignée, reine des tisseuses, mais aussi celle qui sait se tapir, attendre, et tuer. L’araignée encore au centre de l’attrapeur de rêve qui marque le passage entre mon univers et celui des enfants qui ont créé leur propre attrapeur de rêve.

Attrapeur de rêves issu d’une légende amérindienne. Dans la culture amérindienne le rêve est l’expression des besoins de l’âme. Il est aussi primordial de satisfaire les besoins de l’âme que ceux du corps. Le rêve permet de se libérer. Il assure l’équilibre. Si on écoutait la démarche que les rêves nous proposent, on comprendrait beaucoup mieux les besoins de l’âme.

Une citation sur le rêve, la dernière phrase du livre d’Emile Zola « le rêve »:

« La vision venue de l’invisible, retournait à l’invisible. Ce n’était qu’une apparence, qui s’effaçait, après avoir créé une illusion. Tout n’est que rêve. »